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Comme partout dans la province, aux alentours des années 1930, les coopératives de la région de l'Outaouais ont débuté par des amalgamations de cultivateurs qui, avec des efforts et des capitaux conjoints, se sont regroupés pour se procurer soit des instruments aratoires, soit des services d'achat et de vente. Tout un contexte favorisait alors ces mouvements de concertation : la baisse des exportations de fromage en Grande-Bretagne, la courte durée des opérations des fromageries (5 mois par année), la lenteur des remises aux producteurs, les prix des produits agricoles très bas en période de forte production ; bref les producteurs trouvaient que la spéculation se faisait à leurs dépens. Ils se sont donc regroupés sous forme de coopératives afin de faire et de contrôler, eux-mêmes, la transformation et la mise en marché des produits meuniers et laitiers.
Dans la région, la première coopérative agricole a vu le jour à Notre-Dame du Laus en 1936. Peu après, celle de Thurso fut fondée en 1939, celle de Notre-Dame de La Salette en 1940, celle de Saint-André Avellin en 1941 et enfin celle de Buckingham en 1944. En 1966, ces coopératives locales fusionnent et deviennent la Coopérative agricole régionale de Papineau. En 1967, on inaugure l'usine de Plaisance et on commence à y fabriquer du beurre et de la poudre de lait. En 1968, le service laitier de la coopérative de St-Jovite joint la Coopérative agricole régionale de Papineau. Au début des années '70, les services laitiers des coopératives agricoles de la région de Mont-Laurier et de la Haute-Gatineau emboîtent le pas. La Coopérative agricole régionale de Papineau est en pleine phase d'expansion.
En 1977, on inaugure le garage de Plaisance et on achète la Laiterie Château de Buckingham. C'est le début d'une période de réflexion qui servira à redéfinir les orientations de la coopérative et à raffermir le sentiment d'appartenance des gens de la grande région de l'Outaouais et des Laurentides. Pour mieux refléter la nouvelle réalité géographique, la coopérative prend le nom d'Agrodor, Coopérative agro-alimentaire des vallées Outaouais-Laurentides.
Durant les années 1980, Agrodor s'est portée acquéreur de la distribution Claude Métayer Inc., de la meunerie de Mont-Laurier, de la Laiterie Bélanger de Mont-Laurier puis, à la fin de la décennie, Agrodor inaugurera enfin la Fromagerie de Plaisance. La coopérative affiche alors un chiffre d'affaires de près de 38 000 000 $, et compte quelque 650 sociétaires et 150 employés.
Le contexte économique global se gâte par la suite. Couplée à une convention de mise en marché du lait défavorable pour les coopératives, la compétition s'intensifie et exerce de fortes pressions sur Agrodor. Par ailleurs, les producteurs agricoles deviennent de moins en moins nombreux; beaucoup sont parvenus à l'âge de la retraite mais peu de relève s'installe. En conséquence, Agrodor reçoit beaucoup de demandes de retraits de parts mais peu d'adhésions viennent renflouer les coffres. La structure financière de la coopérative risque de s'effriter ; on doit arrêter de racheter les parts des retraités. Un plan de rationalisation est devenu nécessaire : on liquide les actifs peu rentables. Au nombre des sacrifiés : la quincaillerie de Notre-Dame de la Salette, la Fromagerie de Plaisance, la Laiterie Bélanger.
En 1993, Agrodor coupe ses dépenses de 500 000 $ et en 1994 la coopérative affiche alors un chiffre d'affaires de près de 25 000 000 $. De plus, la coopérative enregistre un premier bilan positif (plus de 80 000 $) depuis cinq ans. Sans prendre pour acquis nos assises, la récession de la coopérative semble être une chose du passée. En 1996-1997, d’importants investissements sont faits à la Laiterie Château afin de faire face à la concurrence qui se fait de plus en plus féroce. C’eat ainsi qu’on procède à l’amélioration des procédés de production et qu’un nouveau porduit est mis en marché : le contenant de plastique. Ce nouveau contenant permet à la Laiterie Château d’investir le marché de Montréal pour la première fois. En juin 1998, Agrodor s’associe avec deux autres coopératives, Nutrinor et Agrifoods, dans une nouvelle compagnie de production de lait de consommation, laquelle inclut entre autres les activités de production de la Laiterie Château.
Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de la coopérative se situe à 16 millions , compte près de 275 sociétaires et une cinquantaine d’employés. Parce qu’Agrodor a réussi au fil des ans à s’adapter aux enjeux économiques émergents, elle demeure un important pilier agricole régional. Raffermir sa position dans les marchés où elle oeuvre; c’est là tout le défi des années 2000!
 

 
 

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